Sur une carte, l’envelopppe d’une crue est la ligne qui marque l’avancée maximale de l’eau sur les terres.
Le souci à Lavaud, c'est qu'en l'absence de marqueurs fiables (repères sur le terrain, mémoire des anciens), le tracé de ces enveloppes a longtemps été estimé par rapport aux niveaux des crues à Mareuil-sur-Lay. Il est vrai qu'à Mareuil les enjeux humains et matériels sont beaucoup plus importants, d'où l'intérêt accru porté aux enveloppes de crues pour cette ville.
Nous pouvons cependant nous faire une idée de ce qui pourrait se passer à Lavaud en analysant les documents à notre dispostion.

Les crues n’ont pas toutes la même intensité ni la même fréquence.
L’observation des crues historiques a fait apparaître une relation inverse entre fréquence et intensité. Ainsi, les crues les plus fréquentes sont celles de faible intensité et, inversement, les crues importantes sont exceptionnelles (ce qui est rassurant !).
Officiellement, on a retenu quelques crues du Lay comme références. Dans le tableau ci-dessous, les niveaux d’eau sont donnés pour Mareuil-sur-Lay ; pour Péault on peut considérer qu’ils étaient légèrement inférieurs.


Tableau extrait du DDRM 85 (Dossier Départemental des Risques Majeurs – Édition 2012)

On voit sur ce tableau que la crue la plus importante, celle de 1960, est une crue qui se produit rarement (période de retour de 100 ans).

Les crues se caractérisent par leur occurrence, c’est-à-dire la probabilité qu’elles ont de se produire.
On peut prendre par exemple les crues d’occurrence centennale et celles d’occurrence décennale.
Une crue d’occurrence centennale a 1 risque sur 100 (1% de risque) de se produire chaque année. On peut considérer qu’une telle crue peut donc se produire en moyenne 1 fois tous les 100 ans.
En revanche, une crue d’occurrence décennale a 1 risque sur 10 (10% de risque) de se produire chaque année ; elle se produira donc, en moyenne, une fois tous les 10 ans.
Mais attention : si, par exemple, une crue d’occurrence centennale s’est produite un année, les compteurs sont remis à zéro l’année suivante ; cette année là on aura à nouveau 1 risque sur 100 d’avoir une crue centennale. L’occurrence désigne donc la porbabilité d’apparition d’une crue chaque année.

Pour Péault, c’est logiquement la crue de 1960 qui est prise comme référence de crue centennale.

Ci-dessous la carte « officielle », celle du Plan de Prévention contre les Risques d’Inondations (PPRI), qui montre l’enveloppe d’une telle crue à Lavaud :

Une première remarque : 'eau est allée plus loin que ça lors des crues que nous avons connues ces 30 dernières années (crues qui n'étaient pourtant pas centennales) - voir article "Photos de crues à Lavaud"

Pour y voir un peu plus clair, si on reporte cette enveloppe sur une carte topographique (IGN 1/25000e) on voit que le niveau atteint par l’eau se situe à environ 5,50 m (ce qui est donc la valeur "officielle").



Pour une crue centennale qui a atteint une altitude de 8,90 m à Mareuil-sur-Lay, on n'aurait 5,50 m à Lavaud ? Cette valeur paraît bien faible.

Une étude récente effectuée par bureau d’études « BRL ingénierie » pour le compte du « Syndicat Mixte du Bassin du Lay aval »  montre une toute autre enveloppe de crue centennale :

Cette carte, intégrée dans le Programme d’Action et de Prévention des Inondations (PAPI) du bassin Lay, a été validée en Préfecture le 22 décembre 2014. Elle peut donc être considérée comme fiable.

Sur cette carte, on voit que l’enveloppe de la crue centennale atteint et dépasse par endroits l’altitude de 7,50 m : hauteur d’eau plus conforme a ce qui a été enregistré à Mareuil-sur-Lay en 1960 (8,90 m).
Cela fait quand même 2 mètres d’eau supplémentaires par rapport à la carte « officielle » du PPRI et, par conséquent, davantage d’habitations susceptibles d’être touchées, et des dégâts potentiellement plus importants.

il y a donc un problème avec les enveloppes des crues. Il devrait être soumis au Préfet. En attendant, la carte valide est cette du PPRI...
Remarque : le bureau d'études BRL ingénierie a également fourni des enveloppes pour les crues décennales, trentennales et cinq centennales !